Saint-Gobain est une ville de 2.400 habitants, située au cœur d'une forêt de 6.000 hectares, à 30 km de Saint- Quentin et Soissons, à 20 km de Laon.
L'origine de la commune de Saint-Gobain remonte au VIIème siècle. Un moine irlandais du nom de Goban, venu du monastère de Saint-Fursi pour évangéliser la Gaule, s'arrêta avec ses compagnons sur une colline appelée alors «Mont de l'ermitage». C'est en effet là que des ermites y avaient pris leur retraite ; mais ils en furent chassés par des barbares. Goban, fatigué par un long voyage, fit une halte près de cet ermitage, s'étendit au sol, posa la tête sur une pierre et s'endormit. A son réveil, il reprit le bâton qu'il avait planté en terre et fut surpris de voir jaillir une source dont l'eau lui parut excellente. Ce miracle le confirma dans sa résolution de se fixer en cette retraite. Goban fit de nombreuses guérisons miraculeuses dans la région, mais un jour une nouvelle troupe de barbares envahit le pays ; ils lui tranchèrent la tête. C'était le 20 juin 670. (Traditionnellement, la fête patronale a lieu chaque année le dimanche qui suit le 20 juin).
L'emplacement de sa sépulture devint alors un lieu de pèlerinage autour duquel se forma le village de Saint-Gobain.

Au XIIIème siècle, Saint Gobain devint propriété des sires de Coucy. L'un d'eux, Enguerrand III, fit construire un ensemble de forteresses entre Blérancourt et Marle dont il ne subsiste que les ruines du château de Coucy et les contre-mines du château de Saint-Gobain.
Ce dernier, érigé entre 1226 et 1242, était constitué de 4 courtines ou grandes murailles et de 5 tours : une à chaque angle et une au milieu de la courtine sud, endroit le plus faible du château. La base de ces tours avait un diamètre de 33 mètres. Le carré formé par cette construction avait environ 100 mètres de côté, tours comprises.
Le château fut rasé en 1475 sur ordre de Louis XI. Laissé à l'abandon pendant deux siècles, les ruines furent vendues à la Compagnie des Grandes Glaces en 1692 pour y installer une Manufacture : la Manufacture royale des Grandes Glaces.

Saint-Gobain  et   ses  habitants  entrent  alors  dans  l'histoire   de  l'industrie   du   verre. L'entreprise industrielle «emprunta » d'ailleurs le nom du village en 1830.
En 1710, Louis Lucas de Néhou est nommé directeur et met au point la coulée sur table qui remplacera le soufflage. Ainsi se développe la fabrication des grandes glaces.
La manufacture connut de 1758 à 1789 une réelle prospérité grâce à la gestion de son nouveau directeur, Monsieur Delaunay-Deslandes. A cette époque, les glaces produites ici étaient, dit-on, les plus belles et les moins chères de toute l'Europe. En  1792 le mot «royale » est supprimé de l'appellation. En 1856, un chemin de fer est créé entre Chauny et Saint-Gobain pour le transport des matières premières dans un sens et celui des glaces dans l'autre.
En 1881 on construisit le premier bassin de fusion, en remplacement des fours à pots, pour la fabrication des verres coulés. Puis en 1892, on fabrique pour la première fois des produits moulés : tuiles, dalles, disques.
C'est en 1913 que Monsieur Boudin, ingénieur des Arts et Métiers d'Aix-en-Provence, pense au procédé de coulée continue. La mise au point industrielle de cette coulée se fera en 1923 par M. Boudin, directeur de la Glacerie, et par M. Leduc, responsable de la fabrication des verres coulés. Après la première  guerre mondiale, l'usine de Saint-Gobain  fortement endommagée, fut reconstruite pour produire cette fois des verres coulés, imprimés, armés et des moulages : pavés et briques de verre et optiques de phares à longue distance.
Pendant la deuxième guerre mondiale, l'usine n'a fonctionné que sporadiquement et au ralenti en fonction des approvisionnements. Puis elle a repris son essor après la guerre.
Dès 1946 on introduisit le chauffage du four au mazout. La gamme des produits s'est alors encore étendue : verre ondulé, verre semi-réfléchissant...
En 1965 le façonnage et la trempe en série de volumes imprimés (des portes) se font à l'aide du premier four de trempe horizontale. Puis c'est en 1973 qu'un four de trempe vertical traversant est créé.
Construit en 1982, le four de Saint-Gobain fonctionne alors à l’énergie électrique. En 1986, Saint-Gobain Vitrage France fournit le verre de la Pyramide du Louvre. Pour répondre aux attentes de l’architecte Pei, de nombreuses études et recherches ont été menées. Elles ont abouti à la fabrication à l’usine de Saint-Gobain d’un vitrage dont les caractéristiques de transparence et de colorimétrie respectent les données chromatiques de l’environnement. Ce verre extra-blanc est de qualité jamais égalée à ce jour.
Le 30 novembre 1993 le groupe décide l’arrêt définitif de la production de verre sur le site de Saint-Gobain ; le 31 décembre 1995, le dernier atelier encore en activité (l’atelier de trempe) rejoint la localité de Condren.
Toute activité verrière s’interrompt donc à Saint-Gobain après plus de 300 ans de présence continue...

* Pour tout renseignement concernant le groupe industriel Saint-Gobain : www.saint-gobain.fr

Aujourd’hui Saint-Gobain, c’est la forêt, lieu privilégié du tourisme dans l’Aisne. De nombreux sentiers de randonnées pédestres permettent de découvrir une faune abondante (cerfs, biches, chevreuils, sangliers...) et une flore riche et variée. Longtemps propriété de la glacerie, cette forêt domaniale, calme et sauvage, vous accueillera dans ses zones de silence ou dans ses aires de pique-nique aménagées. Des arbres remarquables par leur beauté et leur dimension sont mentionnés sur les cartes. Forêt de feuillus, on y trouve surtout des chênes, des hêtres mais aussi des frênes. On pourra également y voir des charmes, des bouleaux, des merisiers, des châtaigniers, des tilleuls, des érables...

De nombreux sites sont à découvrir : les Roches de l’Ermitage, la Croix Seizine, les carrières Sébourgand, le Saut du Boiteux..

Venez également visiter notre commune et admirer son église du XIIème siècle et sa crypte, la statue du Bienheureux, la Chapelle et la porte monumentale de la Glacerie....

Arrêtez-vous aussi dans de magnifiques petits villages avec leurs églises, monuments ou constructions remarquables :
Septvaux et son église, son lavoir,
Saint-Nicolas-aux-Bois et son abbaye, son église, son prieuré du Tortoir,
Fourdrain et sa ferme fortifiée,
Coucy-le-Château et son magnifique château, son église.